3ème, fantastique, roman, suspens, thriller

L’île des disparus, 1. La fille de l’eau, de Camilla et Viveca Sten

Les humains n’ont pas de branchies…

Tuva, 12 ans, est une adolescente solitaire qui ne se sent jamais à sa place au milieu de ses camarades. Elle habite sur une île d’un archipel de Stockholm en Suède et se sent bien dans ce havre de paix entouré d’eau. Pourtant, depuis quelques temps des choses étranges viennent bousculer l’ordre établi : des gens disparaissent mystérieusement en mer. Bientôt, c’est un camarade de classe de Tuva, Axel,  qui disparaît lors d’une course d’orientation en forêt, un jour de brouillard. Tuva est alors témoin de phénomènes étranges : elle croise le chemin de Rasmus, l’ami avec qui Axel consitutait le binôme pour la course. Il semble hypnotisé et s’enfonce dans la forêt, dans une mauvaise direction, comme entraîné par des forces supérieures, guidé par de petites lumières qui scientillent autour de lui. Elle le sauve de justesse et se retrouve alors en première ligne de l’enquête menée par la police.

L’archipel de Stockholm, avec l’eau omniprésente et son brouillard semble le lieu idéal pour planter le décor angoissant de cette intrigue qui mèle thriller et fantastique dans un contexte de croyances nordiques  ancestrales.

Un roman pour adolescents écrit à quatre mains par un des grands noms de la littérature policière suédoise adulte actuelle – Viveca Sten – et sa fille Camilla Sten. Une ambiance et un décor particuliers où le chant des sirènes guident le lecteur vers un monde parallèle peuplé de monstres marins, de lutins, d’elfes, de changelins. Un premier tome qui, pour notre plus grand soulagement, se suffit à lui-même, ce qui ne nous empêche pas de vouloir lire la suite pour apprendre de nouvelles révélations.

A la fin de l’ouvrage, quelques pages très instructives nous alertent sur le problème environnemental de la mer Baltique, une petite mer intérieure faisant partie des mers les plus polluées au monde.

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3ème, adultes, animalier, roman, science-fiction

Les fourmis, de Bernard Werber

Sept cents millions de fourmis, et eux, et eux, et eux …

Après l’héritage de son oncle, l’entomologiste Edmond Wells, Jonathan emménage dans la maison qu’il lui a légué. LA consigne est simple : ne surtout pas entrer dans la cave ! Pourquoi ? Le jour où le chien y disparaît, Jonathan n’a d’autre choix que s’aller y voir… Sa femme et son fils remarquent très vite son changement de comportement. Il y passe des jours entiers sans donner signe de vie, en revient épuisé et meurti… Que s’y passe-t-il donc de si terribel qu’il ne veuille révéler ? Et pourquoi y descend-il tout ce matériel ?

Voilà un roman qui patientait depuis longtemps sur mes étagères et que je m’étais promis de lire un jour. C’est chose faite !

Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d’individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards, et qui a ses villes, sa hiérarchie, ses colonies, son langage, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires… Ses armes aussi. Terriblement destructrices.

Premier volet d’une trilogie « Le Jour des fourmis » et « La Révolution des fourmis » on y découvre le monde fascinant des fourmis à travers l’histoire du peuple bélokanien : son mode de communication, sa société ultra-organisée, les dangers qui les guettent, ses stratégies de survie. C’est intéressant, mais j’avoue que ça n’a pas été le coup de coeur attendu. Bien entendu, je suis consciente que l’histoire du peuple des fourmis est riche et bien construite mais cela n’a pas été suffisant pour moi. L’histoire se découpe nettement en deux : la partie sur les fourmis, que j’ai trouvé quand même longuette  et celle sur la famille et l’histoire de la cave dont j’ai trouvé les disparitions assez répétitives.

En tout cas, ce livre sera plutôt destiné à un public lycéen et adulte, ou à de très bons élèves de 3ème intéressés par le genre de la science-fiction et les fourmis.

Je souhaiterais vivement avoir des retours de lecture contradictoire en commentaire pour enrichir cet avis tout personnel.

5ème, 6ème, CM2, roman

Le trésor de l’île sans nom, de Gilles Abier

Le Trésor de l'île sans nomL’île sans nom est une île perdue au milieu de nulle part, non répertoriée sur les cartes et qui est le refuge de pirates. Là, ils y cachent leurs enfants -les Coquins- lors de leurs déplacements, mais aussi leur trésor dans le cratère éteint d’un volcan. Et si quelqu’un  tente de s’approcher de l’île, tout est mis en place pour faire croire que le volcan entre en éruption afin de faire fuir les navires étrangers. Pourtant, un jour, il y en a bien un qui s’approche dangereusement… et les parents-pirates sont absents de l’île !

Un roman d’aventures trépidantes, où, pour une fois, on se retrouve du point de vue des enfants de pirates, qui en l’absence de leurs parents aventuriers vont devoir prendre les choses en main et se révéler plus astucieux les uns que les autres. Des personnages hauts en couleurs, des chats qui miaulent dans des porte-voix en guise de surveillance, un trésor caché, de faux explorateurs avides, tout est là pour nous faire vivre une aventure pleine d’humour et bonne humeur.

De délicieuses illustrations en noir et blanc, dans un style « roman historique humoristique » agrémentent très agréablement cet ouvrage qui plaira aux lecteurs-aventuriers en herbe.

On retrouve donc avec un très grand plaisir Gilles Abier, l’auteur,  qui sait avec grand art passer d’un style à un autre ! Un immense merci à lui pour sa dédicace !

Et un grand merci à Poulpe Fictions qui continue une programmation d’ouvrages de qualité, qui sont parmi les plus lus du CDI !

 

 

3ème, 4ème, 5ème, heroic fantasy, roman

Le livre des origines, 3. Le dernier grimoire, de John Stephens

Le grimoire des ombres

Notre petite Emma a été enlevée par l’Effroyable Magnus qui compte bien sur elle pour récupérer, enfin, le troisième des Livres des Origines : le grimoire des ombres. Selon la prophétie seuls Kate, Michaël et Emma peuvent réunir ces ouvrages de magie afin de rétablir l’équilibre du monde. Mais cela ne sera-t-il pas au péril de leur propre vie ? Dans ce troisième volet des Livres des origines, Emma est au centre de l’aventure. Elle va devoir pénétrer dans le royaume des morts, un lieu très noir, très violent, qui va la bouleverser et la mettre en grand danger. Elle va y rencontrer des proches… Or, à part elle et les morts, personne ne peut pénétrer ce lieu maléfique, que font-ils là ? Une écriture  toujours aussi maîtrisée pour un ultime tome qui nous apporte enfin les révélations tant attendues. Nos trois adolescents vont-ils survivre malgré la prophétie ? Vont-ils retrouver, enfin, leurs parents ? Le monde va-t-il passer aux mains de l’Effroyable Magnus ? Et l’amour de Kate et  de Rafe va-t-il pouvoir s’épanouir malgré les difficultés rencontrées ? Un tome plein d’émotions malgré peut-être quelques petites longueurs par rapport aux deux premiers… En tout cas, à lire pour connaître la fin de cette trilogie éblouissante !

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6ème, album, CM2, fantastique, récit de vie

Remue-ménage chez Madame K, de Wolf Erlbruch

Prendre son envol

Madame K est quelqu’un de très soucieux. elle se tracasse, elle s’inquiète de tout. Son mari l’observe sans rien dire, mais sans rien faire non plus. Il se contente de répéter sans cesse : « fais ce que tu dois faire, femme ». Un jour, Madame K trouve un oiseau blessé. Elle va enfin s’inquiéter pour une bonne raison… Elle décide de le soigner puis de lui apprendre à voler… Ce ne sera pas sans difficulté, mais ce sera aussi l’occasion pour madame K de prendre son propre envol.

Un superbe album aux illustrations atypiques qui donnent toute sa profondeur au récit. Alors que Madame K s’active à faire le ménage, le repassage et toute autre tâche ménagère pour vaincre son angoisse de la vie, elle va découvrir un sens à celle-ci en aidant un oiseau blessé. Le récit glisse peu à peu vers le fantastique car madame K prendra son envol au sens littéral du terme. Puis on redescendra sur terre avec un monsieur K qui va laisser sa femme s’émanciper pour prendre gentiment sa place dans les tâches du quotidien. Un album symbolique au sens profond.

 

5ème, 6ème, CM2, roman

Les filles de la pluie, de Jérôme Leroy

Nous sommes en l’an 175 après le Grand Bouleversement. Depuis peu, Malika rêve de soleil, de sable, de mer… Et pourtant, elle ne les a jamais vu. Dans son monde, tout cela n’existe plus. La population, que l’on appelle les « Pluvieux », vit sous la pluie et le brouillard depuis des décennies déjà, accablée par le travail, la pollution, le manque de liberté. Cet Etat autoritaire contrôle tout grâce à une Milice efficace, une nourriture contrôlée, des écrans qu’il est interdit d’éteindre. Il envoie les personnes âgées dans des Jardins-Clinique où l’on ne peut leur rendre visite, les réfractaires au régime dans des Centres Médicaux ; on ne peut pas choisir son époux ni le moment d’avoir des enfants. La jeune Malika et sa copine Chloé se posent beaucoup de questions, ont des doutes sur la parole de ce régime, et leurs visites fréquentes à la grand-mère de Malika, Assia, dans le Vieux quartier ne font que les conforter dans leurs réflexions. Alors, le jour où elles se rendent compte qu’elles sont suivies, leur sang ne fait qu’un tour… La Milice les a repérées et elles risquent bien d’être arrêtées d’un moment à l’autre….

La collection « Des histoires de futurs » des éditions Syros rend accessible aux plus jeunes des textes de science-fiction de qualité. Ici l’auteur nous fait percevoir un monde futur où tout ce qui fait la beauté du nôtre n’existe plus. On arrive très bien à s’imaginer cette pluie incessante, cette pollution qui oblige la population à vivre sous des capuches et avec un masque toujours à proximité. En à peine plus de 100 pages rythmées et efficaces, on découvre donc une dystopie crédible qui se lit facilement.

3ème, 4ème, 5ème, animalier, bande dessinée, humour

Le grand méchant renard, de Benjamin Renner

Le grand méchant renard - Benjamin Renner Le grand méchant renard aimerait bien être méchant, dévorer des poules dans le poulailler, voler les poussins… mais il n’y arrive pas… La poule en chef n’a pas peur de lui et le raille sans cesse. Quant aux poussins, ils sont si mignons, si attachants, si petits, il faut bien s’en occuper !

Après avoir vu le film d’animation sorti en 2017 avec mes enfants de 4-6 et 8 ans que nous avions tous adorés, petits et grands, j’étais assez impatiente de leur montrer la bande dessinée, mais en fait…  La lecture n’est pas forcément adaptée aux plus petits  et la présence de quelques gros mots  bien placés nous conforte dans ce sens …

Mais alors, pour les plus grands et les adultes, quel régal ! Un ton décalé et totalement loufoque, un humour mordant, un dynamisme incroyable font de cette bande dessinée une parodie particulièrement réussie de style cartoon à la Tex avery. Les illustrations sont simples et très expressives, les personnages caricaturaux et très attachants, que ce soient le loup, coach du renard, le chien de garde qui se la coule douce et se laisse mener par le bout du museau par la poule, ou tous les autres animaux de cette basse-cour hors du commun qui ont chacun leur caractère propre. 

Et si le renard devenait végétarien et acceptait les navets qu’on lui offre ?

On sourit, on rigole, on s’attendrit ! Bref, un excellent moment en perspective !

 

« Le Grand méchant renard » est suivi de « Il faut sauver Noël »

Le film d’animation a reçu le César du meilleur film d’animation en 2018.