3ème, 4ème, 5ème, adultes, aventure, fantastique, lycée, roman

Gustave Eiffel et les âmes de fer, de Flore Vesco

Gustave Eiffel, jeune homme réservé et discret cherche ardemment du travail, à la hauteur de ses compétences, pour payer ses loyers de retard. A la terrasse d’un café, il consulte les offres d’emploi d’un journal, lorsque son regard s’attarde sur une annonce très particulière : « société très fermée recherche esprits logiques et coeurs aventureux »… Pas d’adresse, pas de nom mais des données énigmatiques complètent le texte. Gustave, intrigué, s’attèle rapidement à résoudre l’énigme et ses pas vont le mener dans un immeuble abandonné, où, avec les autres candidast, il va être soumis à des épreuves plus qu’étranges… Sa ténacité et son esprit d’équipe vont vite faire oublier son manque de confiance en lui.. C’est le début d’une aventure extraordinaire que va vivre notre Gustave qui sera amené à côtoyer Alfred Nobel, Louis Pasteur, et peut-être même des êtres fabuleux comme le phénix qui renaît de ses cendres… En quoi ses compétences dans la construction et dans le matériau du fer vont-ils bien pouvoir l’aider ?

 

Un roman très original qui fait évoluer des personnages réels historiques dans un univers steam-punk où le fantastique côtoie le policier, l’aventure et l’action. On évolue dans une ambiance parisienne du 19ème siècle, à la découverte de la Révolution industrielle et de l’Exposition universelle dans un questionnement riche sur les relations entre l’Homme et la Machine et son remplacement éventuel, sur la rentabilité et les conditions de travail. On évoque les bouleversements que le Baron Haussmann a suscité dans Paris avec la création de ses boulevards, des travaux de Eiffel, de Pasteur ou de Nobel. On ne peut pas non plus ne pas penser à Frankenstein de Mary Shelley dont le roman est un clin d’oeil évident. Une écriture au style à la hauteur de cette histoire foisonnante, où jeux de mots se disputent au style littéraire de haut vol. Des personnages eux-mêmes d’une grande richesse : des ouvriers bourrus, un Eiffel touchant de sincérité dans ses amitiés et dans l’amour qu’il voue à Isamberte, la fille du patron de la manufacture dans laquelle il est embauché. La fin nous réserve de belles surprises ! Une lecture exigeante pour un lectorat exigeant. Saura-t-il accrocher le jeune lecteur autant que l’adulte que je suis, la question reste posée… et j’attends des réponses dans vos commentaires !

 

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3ème, 4ème, 5ème, pédagogie

Esprit scientifique, esprit critique, un projet pédagogique pour la classe

Tome 2, cycle 4 et 2nde, de Mathieu Farine, Elena Pasquinelli et Gabrielle Zimmermann, tous trois membres de la fondation La main à la pâte, aux éditions Le Pommier.

Un ouvrage pédagogique de référence qui met en avant la démarche de projet et la transversalité, complétant le premier tome destiné à l’école primaire.

Après une introduction très riche expliquant en quoi l’esprit scientifique, avec sa rigueur et sa méthode, développe l’esprit critique, l’ouvrage se découpe en 5 « blocs » : observer / expliquer / évaluer / argumenter / inventer qui, chacun, permet à l’élève une progression.

En tout, 21 séquences réalisées par un enseignant de collège, une philosophe et une biologiste pour approcher au plus juste notre monde et le comprendre. Pour cela, rien de tel que de développer l’esprit critique du citoyen de demain confronté à une avalanche quotidienne  d’informations… Mieux comprendre notre monde en étant mieux armé pour analyser les données qui nous envahissent, savoir les trier, les juger, les confronter, les évaluer, les critiquer, pour ensuite être capable de se forger sa propre opinion argumentée, l’objectif est de grande ampleur mais tellement important à notre époque.

Cet ouvrage fait la part belle à l’interdisciplinarité : SVT mais également mathématiques, physique, technologie et parfois même français (science ou science-fiction ?) ou histoire-géographie. Des fiches-élèves, le déroulé possible de l’activité – souvent présentée sous forme d’enquête ou de jeu de rôle -, des fiches-matériel, et des pistes pour nourrir la discussion avec les élèves à l’issue de l’activité, car le but avéré de cet ouvrage est réellement de confronter les élèves et leurs opinions parfois contradictoires et les faire progresser dans l’analyse rationnelle des faits, grâce parfois à des instruments.

L’ouvrage est complété d’une  bibliographie avec un site web proposant de nombreuses ressources complémentaires : www.fondation‐lamap.org/esprit‐scientifique

 

 

3ème, actualités, fait de société, lycée, roman

Doublement piégé, de Dounia Bouzar

« L’ignorance mène à la peur. La peur mène à la haine. La haine mène à la violence. »

Alex Edouk, 17 ans, est en recherche d’identité : un prénom français mais un physique marocain, une mère française, mais un père marocain, juge anti-terroriste, qui a plutôt tendance à renier ses origines. Ce qui fait le lien, c’est son grand-père paternel. Sa sagesse est source d’apaisement. Très pieux, celui-ci  pratique néanmoins un islam modéré et permet à Alex de mieux appréhender ses origines multiples.

Alors, le jour où celui-ci décède d’une crise cardiaque, sans prévenir, Alex s’effondre. Il va chercher des réponses sur Internet sur la mort, sur la religion. Peu à peu, il tisse des liens avec une certaine Bachira… C’est le début de l’embrigadement… Jusqu’où Alex est-il prêt à aller par amour et par désespoir ? Comment tombe-t-on entre les mains de Daesh ? Y a-t-il un profil-type des jeunes manipulés ?

Un roman à destination d’adolescents avertis à partir de 14-15 ans qui mêle quête d’identité, souffrance psychologique, et action. Le jeune Alex, issu d’une famille très intégrée à la culture française, qui a tendance à dénigrer la religion  va se faire piéger par des discours sur la vie après la mort et l’accès au paradis. C’est en espérant sauver ses parents mécréants et leur ouvrir les portes de ce paradis afin d’y retrouver le grand-père qu’Alex, vulnérable, commence à tisser des liens sur internet. Son départ-enlèvement vers la Syrie est un tournant dans l’histoire qui devient roman d’action. On vit avec Alex les tortures que les djihadistes lui infligent pour savoir s’il est apte à intégrer leur rang et mourir pour la cause.

C’est un roman à deux voix où les points de vue alternent à chaque chapitre du récit. La voix d’Alex, adolescent vulnérable et la voix du père, juge anti-terroriste qui met tout son coeur à défendre son pays d’adoption par la voie de la justice, quitte à renier ses propres origines.

Cette histoire est aussi une histoire de famille. Quelle est la place de chacun dans le cercle familial. Comment être présent en tant que parent sans pour autant imposer sa propre vision du monde. Comment les liens familiaux se resserrent dans l’adversité et aident à affronter les épreuves. Au final, chacun fait son chemin de vie et se remet en question par rapport aux valeurs qu’il souhaite défendre et ce en quoi il croit. Le chemin que l’on prend n’est pas toujours le bon et l’on fait des erreurs mais tout reste possible. Finalement, malgré le propos dur de ce livre, il s’en dégage un parfum d’optimisme. Faisons confiance en l’Humanité.

Un livre sur les rouages de la manipulation et de l’embrigadement qui permet de mieux comprendre de l’intérieur comment tout cela est possible et que tout n’est pas forcément noir ou blanc. Un roman d’actualité bien construit qui permet aux jeunes lecteurs d’appréhender un sujet difficile et hélas trop présent dans leur quotidien.

3ème, 4ème, 5ème, 6ème, CM2, roman

L’île fantôme et le mystère de Salamèche, de Ken A. Moore

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Sarah et Skip sont frère et soeur, fans du nouveau jeu portable Pokemon Go, qui sont contraints de déménager dans un petit village de bord de mer. Ils sont d’abord anxieux de quitter la ville et craignent de ne plus pouvoir jouer à leur jeu préféré.
Malgré tout, ils vont se faire des amis ayant les mêmes centres d’intérêt et ensembles, ils vont tenter de résoudre le mystère de l’île d’en face…
Pourquoi un bug survient-il sur l’île et quelle est la créature rousse qui y habite ?

J’ai beaucoup aimé ce livre car il est entraînant et on peut le lire même si on ne connait pas l’univers grâce à une présentation des différentes espèces dans l’histoire, et de plus, un lexique de l’univers Pokémon est présenté en fin de livre. Accessible dès la 6ème, il m’a plu même étant en 3ème grâce à une aventure très présente et du suspens, car la réalité va rapidement rattraper le jeu et les adolescents risquent d’être en grand danger. Un livre que je recommande.

 

Léa, 14 ans  – 3ème, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

3ème, fantastique, roman, suspens, thriller

L’île des disparus, 1. La fille de l’eau, de Camilla et Viveca Sten

Les humains n’ont pas de branchies…

Tuva, 12 ans, est une adolescente solitaire qui ne se sent jamais à sa place au milieu de ses camarades. Elle habite sur une île d’un archipel de Stockholm en Suède et se sent bien dans ce havre de paix entouré d’eau. Pourtant, depuis quelques temps des choses étranges viennent bousculer l’ordre établi : des gens disparaissent mystérieusement en mer. Bientôt, c’est un camarade de classe de Tuva, Axel,  qui disparaît lors d’une course d’orientation en forêt, un jour de brouillard. Tuva est alors témoin de phénomènes étranges : elle croise le chemin de Rasmus, l’ami avec qui Axel consitutait le binôme pour la course. Il semble hypnotisé et s’enfonce dans la forêt, dans une mauvaise direction, comme entraîné par des forces supérieures, guidé par de petites lumières qui scientillent autour de lui. Elle le sauve de justesse et se retrouve alors en première ligne de l’enquête menée par la police.

L’archipel de Stockholm, avec l’eau omniprésente et son brouillard semble le lieu idéal pour planter le décor angoissant de cette intrigue qui mèle thriller et fantastique dans un contexte de croyances nordiques  ancestrales.

Un roman pour adolescents écrit à quatre mains par un des grands noms de la littérature policière suédoise adulte actuelle – Viveca Sten – et sa fille Camilla Sten. Une ambiance et un décor particuliers où le chant des sirènes guident le lecteur vers un monde parallèle peuplé de monstres marins, de lutins, d’elfes, de changelins. Un premier tome qui, pour notre plus grand soulagement, se suffit à lui-même, ce qui ne nous empêche pas de vouloir lire la suite pour apprendre de nouvelles révélations.

A la fin de l’ouvrage, quelques pages très instructives nous alertent sur le problème environnemental de la mer Baltique, une petite mer intérieure faisant partie des mers les plus polluées au monde.

3ème, adultes, animalier, roman, science-fiction

Les fourmis, de Bernard Werber

Sept cents millions de fourmis, et eux, et eux, et eux …

Après l’héritage de son oncle, l’entomologiste Edmond Wells, Jonathan emménage dans la maison qu’il lui a légué. LA consigne est simple : ne surtout pas entrer dans la cave ! Pourquoi ? Le jour où le chien y disparaît, Jonathan n’a d’autre choix que s’aller y voir… Sa femme et son fils remarquent très vite son changement de comportement. Il y passe des jours entiers sans donner signe de vie, en revient épuisé et meurti… Que s’y passe-t-il donc de si terribel qu’il ne veuille révéler ? Et pourquoi y descend-il tout ce matériel ?

Voilà un roman qui patientait depuis longtemps sur mes étagères et que je m’étais promis de lire un jour. C’est chose faite !

Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d’individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards, et qui a ses villes, sa hiérarchie, ses colonies, son langage, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires… Ses armes aussi. Terriblement destructrices.

Premier volet d’une trilogie « Le Jour des fourmis » et « La Révolution des fourmis » on y découvre le monde fascinant des fourmis à travers l’histoire du peuple bélokanien : son mode de communication, sa société ultra-organisée, les dangers qui les guettent, ses stratégies de survie. C’est intéressant, mais j’avoue que ça n’a pas été le coup de coeur attendu. Bien entendu, je suis consciente que l’histoire du peuple des fourmis est riche et bien construite mais cela n’a pas été suffisant pour moi. L’histoire se découpe nettement en deux : la partie sur les fourmis, que j’ai trouvé quand même longuette  et celle sur la famille et l’histoire de la cave dont j’ai trouvé les disparitions assez répétitives.

En tout cas, ce livre sera plutôt destiné à un public lycéen et adulte, ou à de très bons élèves de 3ème intéressés par le genre de la science-fiction et les fourmis.

Je souhaiterais vivement avoir des retours de lecture contradictoire en commentaire pour enrichir cet avis tout personnel.

3ème, 4ème, 5ème, heroic fantasy, roman

Le livre des origines, 3. Le dernier grimoire, de John Stephens

Le grimoire des ombres

Notre petite Emma a été enlevée par l’Effroyable Magnus qui compte bien sur elle pour récupérer, enfin, le troisième des Livres des Origines : le grimoire des ombres. Selon la prophétie seuls Kate, Michaël et Emma peuvent réunir ces ouvrages de magie afin de rétablir l’équilibre du monde. Mais cela ne sera-t-il pas au péril de leur propre vie ? Dans ce troisième volet des Livres des origines, Emma est au centre de l’aventure. Elle va devoir pénétrer dans le royaume des morts, un lieu très noir, très violent, qui va la bouleverser et la mettre en grand danger. Elle va y rencontrer des proches… Or, à part elle et les morts, personne ne peut pénétrer ce lieu maléfique, que font-ils là ? Une écriture  toujours aussi maîtrisée pour un ultime tome qui nous apporte enfin les révélations tant attendues. Nos trois adolescents vont-ils survivre malgré la prophétie ? Vont-ils retrouver, enfin, leurs parents ? Le monde va-t-il passer aux mains de l’Effroyable Magnus ? Et l’amour de Kate et  de Rafe va-t-il pouvoir s’épanouir malgré les difficultés rencontrées ? Un tome plein d’émotions malgré peut-être quelques petites longueurs par rapport aux deux premiers… En tout cas, à lire pour connaître la fin de cette trilogie éblouissante !

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